Chemins de sable

Peintures, photos, textes - Chantal Bossard

Diaporama

Galerie 2009

Entendre tes murmures Voir le détail

Entendre tes murmures

Technique mixte
Carton toilé encadré
36 x 46 cm

Texte du manuscrit :

Tu chancelles en avançant vers le centre. Je sens ta peur, je la sens dans ma chair. Tu avances pourtant, drapée de ton orgueil. La tête droite, les yeux fixés vers les flammes. Tu chancelles, et je voudrais te porter, t’enlever. Je sens ta peur, je la sens dans mon cœur. Tu avances pourtant. Ils sont là, tous, les femmes et les sages et l’heure ruisselle de tes larmes retenues. Je veux encore glisser mes doigts dans la douceur de tes nattes. Je veux encore entendre tes murmures. Ne cache jamais tes yeux. Garde le voile haut sur ton front. Reste fière, Tu sais, j’ai eu si peur. Il me manquait cette respiration . Une éclipse dans ma nuit. J’ai cru tout oublier. Et tu me l'as soufflé depuis des jours et des jours. Sans cesse, tu es là, et je te sens, et je vis.

Passagère clandestine Voir le détail

Passagère clandestine

Technique mixte
Carton toilé encadré
35 x 41 cm

Texte du manuscrit :

Cette nuit la température a baissé, je me suis réveillée en sursaut, surprise par la fraîcheur soudaine sur mon visage. Elle m’entourait tout entière. Je me suis levée, j’ai fait quelques pas dans l’obscurité, allumé une cigarette, me suis éloignée dans les sables, fourmi noiraude, passagère clandestine. Je me sens tellement de ce désert, de ces déserts. Je suis revenue au bivouac, me suis allongée pour rêver un peu, regarder le ciel, attendre le matin, et voir les couleurs de l’aube qui sont à chaque minute d’autres couleurs. il y a tant de couleurs. tant de lumières. tant de lignes douces. j’imagine déjà ce que je vais peindre à mon retour. je ressortirai mes bleus, turquoise, céruléum, indigo, hoggar, bleus caressants, bleus satins et transparents, aussi les ocres, les couleurs de feu, de crépuscules dorés, d’aurores boréales, d’incendie…

La bergère rouge Voir le détail

La bergère rouge

Technique mixte
Toile sur chassis
24 x 30 cm

Texte du manuscrit :

A midi dans l'oued, les buissons vert tendre serpentaient sur le sable. Je l'imaginais là, ma bergère, dans sa robe rouge. Son bâton, ses quelques chèvres. Et puis, je l'ai vue... vraiment. Elle était plus petite. elle semblait plus jeune que sur ton vitrail. plus frêle aussi. Elle s’avançait dans les herbes hautes. Je devinais les mouvements de sa robe. soufflée par le vent. L'instant suspendu. si belle. elle est là. Je touchais presque ses cheveux. Le silence autour de moi.
Je te vois, toi aussi, dans la nuit, dans tes travaux, dans tes vitraux. J'imagine que le sable foulé ici est celui qui devient verre et dans lequel tu invites la lumière. Ton vitrail, cette robe rouge sur fond de sable d'or, ce ciel bleu, immense. Pendant que je la cherche, tu lui donnes vie sur cette fresque. Pendant que je me brûle les yeux sur l'horizon, tu te brûles les mains au plomb de tes couleurs. J'ai vu, tu sais, j'ai vu que tu as travaillé encore. Je vois cette robe qui se recompose nuit après nuit. Il reste encore en ébauche les épaules et le visage. J'ai tant de hâte à voir son visage. J'ai tant de hâte à voir le tien, tu le sais n'est ce pas.

Après l'orage Voir le détail

Après l'orage

Technique mixte
Toile sur chassis
24 x 30 cm

Texte du manuscrit :

Les arbres hurlaient sur les pentes minérales puis l'orage s'est éloigné et les pluies se sont tues, laissant après elles des torrents de fortunes, d'espérances occultes et de fraîcheurs enfantines.C’est un cadeau du ciel inespéré, j'ai fait ce que j'ai pu. Disséminé aux résonnances de ces deluges, je rentre sauf, fatigué, mais heureux. Ma tête pourtant semble vidée , comme est vide la terre, lessivée de ses maux par les eaux ruisselantes. Je cherche dans le soir les voiles de parme sous l'olivier. Ne t'inquiète pas, je reprends pied, je me retrouve. Je retourne dans mes jardins, ils ont besoin de moi. Il est temps maintenant de songer aux semailles. Nous avons retrouvé l'âne gris sous un abri de rochers. Il sera là pour te conduire dans le calme de mes chemins. Malika te l'écrira en mon nom, de ses lignes confiantes.

Et le soleil s'est levé Voir le détail

Et le soleil s'est levé

Technique mixte
Toile sur chassis
24 x 30 cm

Texte du manuscrit :

Les hurlements inquiétants des chacals ont cerné le camp toute la nuit. Nous étions tout proches d'un village, proches de la piste. Au matin le chant du muezzin... le chant d'un coq aussi. Encore enroulée dans ma couverture, je regardais Ahmed se réchauffer les pieds sur les flammes. Et le soleil s’est levé.

L'arbre serpent Voir le détail

L'arbre serpent

Technique mixte
Toile sur chassis
24 x 30 cm

Texte du manuscrit :

J'ai entendu ta voix une nuit. Elle me portait dans les chemins. Tu te souviens ? Il y a longtemps cette voix. Je te guetterai un jour pour t'écouter encore. Je ferai une pause au fil de l'eau. Je t'enverrai des images de mes plages et des mots de mes pages aussi. Les sirènes seront jalouses tu sais. J'aimais parler avec toi. Les choses étaient plus simples. J'aimerais pouvoir le faire d'avantage. Mais je suis trop loin. Et puis, je ne suis pas sûre de savoir faire plus. Regarde nos mains. Tu me touches encore. C'est sans doute pour ça que je fuis. Je t'ai lu et relu des heures. A tes côtés j'étais. A tes côtés je suis. Tu es présent mais c'est dans le fond de la nuit que tu te rapproches, près, si près, en rêve. Je ne le fais pas exprès et cela ne me dérange pas. Je n'ai pas vraiment envie d'arrêter. Je n’ai pas envie vraiment. Je ne sais même pas si je pourrais. Tu es incroyable tu sais. J'aime que tu le saches. Je crois qu'on a cela tous les deux. C'est peut-être pour ça. A cause de ça. Tout le reste. Tous les deux, les mêmes. C'est ce que tu me disais. Il ne faut pas le perdre. Nous allons le préserver. Le cultiver. Nous aurons le plus beau des jardins. Je l'aime tant déjà. Il sera comme un arbre serpent. Et les mots fleuriront autour... encore et en corps. Non... N'arrête pas. Je vais te laisser quelque temps pourtant. Avant de revenir. Tu seras là, n'est ce pas.

Les jours se suivent Voir le détail

Les jours se suivent

Technique mixte
Toile sur chassis
20 x 20 cm

Texte du manuscrit :

Les jours se suivent régulièrement... les réveils... les matins... les pas dans le sable brûlant... les trois thés... les siestes... les parties d'osselets sous l'acacia... les mots dans mon carnet... les chuchotements... les pas sur la roche noire... les ombres qui s'allongent... le glissement du temps... les soirs... les crépuscules si courts... les soupes chaudes... les minutes où je me glisse dans le duvet... les yeux dans les étoiles... et la lune... un peu plus tard... s'élevant pour redessiner les dunes... je souris à la nuit... les insectes s'invitent dans mon duvet... les piqûres... les morsures... c'est étonnant comme ici je n'ai peur de rien... même pas des jnoun.
Il est cinq heures... le sommeil haché de rêves... les étoiles veillent encore... il est cinq heures... au loin des hurlements rauques et sauvages... déjà les chameliers réunissent les dromadaires... leurs cris dispersés dans la nuit seront notre réveil chaque matin... ils me rappellent les chants mélancoliques des muezzins qui s'élevaient des minarets de Damas... maintenant il fait encore nuit... le feu est allumé... la théière chauffe sur la braise... dans une heure nous reprenons notre chemin vers l'horizon sans limites... le sable toujours... l'œil se perd dans les vagues... dans les courbes... sur les crêtes ciselées par le vent... parfois arrêté par la tache verte d'un acacia… mais surtout et toujours, le sable.

L'effacement des jours Voir le détail

L'effacement des jours

Technique mixte
Toile sur chassis
16 x 24 cm

La morsure du vent Voir le détail

La morsure du vent

Technique mixte
Toile sur chassis
16 x 24 cm

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