Sous les bougainvillées de Majorelle
Dans le coeur de Guéliz
j’ai cueilli un trésor
un éden chatoyant irrigué de fraîcheur
de bruissements d'eau, de lumières fugaces
les fragrances de la terre ont trouvé leur berceau
par les mains audacieuses d’un peintre voyageur
la tendresse d’un poète, la puissance de ses bleus
les sobres géométries de ses jeux de pinceaux
sous les bougainvillées, deux enfants chuchotent
je respire et me berce de leur douce quiétude
près du bassin ourlé de couleurs, le chat guette
une carpe indolente à l’ombre d’un nénuphar
d’un coup de patte agile, il assure sa pitance
et s’éloigne repus dans l’allée sinueuse
les cactus dressés vers le ciel, éphémères
les jasmins odorants, les bambous messagers
les piaillements d'oiseaux, les fauvettes, les mésanges
un vieil homme assoupi au bord de la fontaine
tous ici sont fragiles mais perdurent pourtant
comme ce bleu Majorelle en son havre lumineux
au coeur de la ville rouge
je respire et me berce
un instant échappée
des rumeurs du monde.
------------------------------------------------------------------------
Publié dans Poésies | Lien permanent