Sous les bougainvillées de Majorelle

Dans le coeur de Guéliz
j’ai cueilli un trésor

un éden chatoyant irrigué de fraîcheur
de bruissements d'eau, de lumières fugaces

les fragrances de la terre ont trouvé leur berceau
par les mains audacieuses d’un peintre voyageur

la tendresse d’un poète, la puissance de ses bleus
les sobres géométries de ses jeux de pinceaux

sous les bougainvillées, deux enfants chuchotent
je respire et me berce de leur douce quiétude

près du bassin ourlé de couleurs, le chat guette
une carpe indolente à l’ombre d’un nénuphar

d’un coup de patte agile, il assure sa pitance
et s’éloigne repus dans l’allée sinueuse

les cactus dressés vers le ciel, éphémères
les jasmins odorants, les bambous messagers

les piaillements d'oiseaux, les fauvettes, les mésanges
un vieil homme assoupi au bord de la fontaine

tous ici sont fragiles mais perdurent pourtant
comme ce bleu Majorelle en son havre lumineux

au coeur de la ville rouge
je respire et me berce

un instant échappée
des rumeurs du monde.

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